Le volet géosciences du programme PACOBA (Programme d’Amélioration des Connaissances du Banc d’Arguin – Mauritanie ; 2007-2010) avait pour objet l’étude du Quaternaire récent de la plaine littorale et de son avant-côte (Bassin d’Arguin). Les travaux ont abouti à une thèse soutenue en 2013 et à plusieurs publications, dont quatre sont parues et trois autres en cours.

Le Banc d’Arguin au sens large correspond à une plateforme littorale dont le Bassin d’Arguin constitue la partie interne, bornée vers le large par le haut-fond d’Arguin et bordée vers la terre par une vaste plaine littorale.

Les formations du Quaternaire récent qu’on y rencontre sont constituées de sédiments de la seconde moitié de l’Holocène (Néholocène). Dans le bassin, ils se présentent sous la forme de trois unités, décrites à partir des enregistrements de sismique réflexion et des prélèvements superficiels. La plus étendue chapeaute le colmatage holocène du bassin tandis qu’en variation latérale de faciès, deux autres unités se développent, l’une coiffant les hauts-fonds, l’autre poursuivant en mer les dépôts de la plaine littorale. Celle-ci est caractérisée par de vastes estrans supportant des cordons sableux. Grâce aux amas coquilliers néolithiques qui les surmontent, des datations ont montré qu’ils s’enchaînent dans le temps et l’espace en une succession de paléorivages permettant de reconstituer la formation progressive néholocène de la plaine littorale.

La géométrie des unités sédimentaires de la plaine littorale a permis d’établir que sa construction s’est faite sans que des changements notables du niveau marin puissent être caractérisés dans cette région. Des conséquences notables en résultent qui suggèrent que le mécanisme d’ocean syphoning expliquant l’émergence fréquemment observée sur les pourtours des bassins océaniques (zone VI de Clark) est compensée par la poursuite de la fonte postglaciaire dans tout le Néholocène.

figure5La nature des sédiments constitutifs des unités tant immergées (Bassin d’Arguin) qu’émergées (plaine littorale) indique la dominance écrasante des apports siliciclastiques qui condamnent l’expression des processus biochimiques habituels observés dans les zones tropicales (formations récifales et leur cortège carbonaté, évaporites). La présence d’un réservoir massif de sable en bordure (Sahara) ainsi que des vents favorablement orientés en sont la cause. Cette disposition, comparée à d’autres plateformes littorales en situation analogue (Walvis Bay sur la côte centre-namibienne, Shark Bay en Australie et côte arabique du golfe Persique) indique que le golfe d’Arguin occupe une position extrême dans le champ apports détritiques grossiers/carbonates biochimiques et évaporites (Figure).

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